EgaliTED - Autisme
"Vous devez être le changement que vous désirez voir en ce monde." (Gandhi)
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Les classes spéciales et les structures de prises en charge spécialisées 

Pour beaucoup d'enfants autistes, la scolarisation en milieu ordinaire s’avère impossible sans soutien spécifique, ou même impossible tout court. Différentes  possibilités existent alors, plus ou moins éloignées du milieu ordinaire. Il appartient aux familles concernées de choisir en connaissance de cause celle qui sera le plus adaptée pour aider leur enfant à réaliser au mieux son potentiel.

Il ne faut pas choisir une structure a priori selon sa catégorie, mais il faut choisir sur pièce, aller visiter celle ou celles qu'on envisage, demander à rencontrer les professionnels qui y travaillent. Il faut s'assurer que le travail éducatif est réalisé en conformité avec les recommandations de prise en charge, et que l'inclusion en milieu ordinaire est favorisée au maximum.

En effet en France, beaucoup de structures de prise en charge ont tendance à vouloir "préserver" les enfants en les isolant de fait du monde extérieur. Cette démarche peut se comprendre, mais est contre-productive car elle ne permet pas de leur apprendre à être au moins partiellement autonomes; cela les oblige donc de fait à passer le restant de leur vie en institution. A l'inverse, l'Europe recommande aujourd'hui de sortir les handicapés des institutions au profit de structures plus légères et incluses dans la société.


Les structures à privilégier sont donc celles dont le but principal est l'inclusion maximale en milieu ordinaire.

Sommaire:

1- Les CLIS/ULIS
2- Les IME/IMP/IMPro
3- Les SESSAD
4- Les ITEP



 
1 Les CLIS/ULIS
Si vous vous interrogez sur une orientation en  CLIS, n'hésitez pas à essayer de rencontrer les enseignants des CLIS environnantes et à demander des avis de parents qui y ont scolarisés leurs enfants. Faites-vous votre opinion ! Le choix de l'orientation scolaire de votre enfant ne doit pas être subi mais choisi.

Les CLIS

Une CLIS (Classe pour l'Inclusion Scolaire) est une classe spécialisée au sein d'une école primaire ordinaire. Au sein d'un collège ou d'un lycée, l'équivalent de la CLIS est l'ULIS (Unité Localisée pour l'Inclusion Scolaire, anciennement dénommée UPI).

Les enfants accueillis en CLIS sont âgés de 7 à 12 ans. Il y a donc des élèves de tous les âges dans une même classe et ces élèves gardent le même enseignant pendant plusieurs années.

Certaines CLIS fonctionnent en partenariat avec un SESSAD (voire avec un hôpital de jour) et accepteront donc préférentiellement des enfants suivis dans le SESSAD partenaire. D'autres fonctionnent de manière indépendante.

Les points forts de la CLIS

-  Un enseignant spécialisé : en principe, l'enseignant est spécialisé dans le handicap ; ceci reste néanmoins variable puisqu’un rapport de 2011 signale que 33% des enseignants de CLIS ne sont pas spécialisés

-     Une AVS collective (AVS-Co)

-     Un effectif réduit : théoriquement, l'effectif maximum est de 12 élèves ; certaines CLIS TED comptent 7 élèves

-   Un programme individualisé : en principe, pour chaque enfant est élaboré un programme individuel, ce qui permet de mieux respecter le rythme de chaque enfant

-   Une intégration avec le milieu ordinaire : les enfants de la CLIS partagent non seulement la cour et la cantine mais aussi certains cours. Il est en théorie prévu des « décloisonnements », c'est-à-dire que, pour les matières qu'ils peuvent suivre, les enfants de la CLIS sont intégrés dans des classes ordinaires.

 

Les points à surveiller

-  Vérifier que le décloisonnement est effectif : ceci nécessite notamment la coopération des enseignants des classes ordinaires, ce qui n'est pas toujours acquis d'office ; il faut noter aussi que le décloisonnement se heurte à des difficultés logistiques lorsqu’il s’agit d’inclure en des classes ordinaires déjà surchargées des élèves de la CLIS

-   Comprendre quelle est la typologie de public accueilli dans la CLIS que vous visez : les CLIS sont supposées accueillir des élèves en situation de handicap mais certaines (souvent d’anciennes classe de perfectionnement) accueillent plutôt un public en difficulté scolaire, très hétérogène

-  Se poser la question de la nécessité ou non d'un accompagnement individuel : compte tenu de la présence d’une AVS-Co, il n’est pas forcément facile d'obtenir une AVS-i en CLIS et les pratiques sont variables selon les départements. Si vous estimez que votre enfant aura besoin d’une AVS=i, renseignez-vous (auprès de l’enseignant référent par exemple) sur la pratique dans votre Académie.

-   Certaines CLIS indiquent qu’elles n’accueillent pas d'élèves de moins de 7 ans révolus, ce qui suppose que l'élève ait été maintenu en maternelle ou ait tenté un CP avant de rejoindre la CLIS

 

CLIS 1 ou CLIS TED ?

Il existe en principe 4 types de CLIS, parmi lesquelles la CLIS1 (handicap mental). A l'intérieur de la catégorie CLIS 1 existe une sous-catégorie officieuse « CLIS TED ».

La CLIS TED présente l'avantage que l'enseignant est en principe plus spécialisé sur les TED et que l'effectif est souvent plus réduit (7 personnes). Mais ces classes sont rares.

La CLIS1 présente l'avantage de réunir des enfants avec des profils différents, et donc donne peut-être plus d'opportunités de socialisation que dans un groupe constitué exclusivement d'enfants TED.

Pour avoir des avis de parents sur les avantages / inconvénients d’une CLIS TED vs une CLIS1, n’hésitez pas à consulter ce passionnant débat sur le groupe Facebook d’Egalited.

 

Processus d'orientation

En ce qui concerne l'orientation, c'est la MDPH qui la prononce (sur demande de l'équipe éducative, comme pour une demande d'AVS). Ensuite l'Inspection d'Académie est censée y donner suite en fonction des places disponibles, ce qui implique que l’enfant n’est pas forcément affecté à la CLIS la plus proche. Il arrive, dans certaines Académies, que les demandes d'orientation en CLIS ne soient servies qu'après plusieurs années d'attente.

Renseignez-vous également sur les pratiques de votre MDPH locale. En effet, même si vous demandez une CLIS TED, il se peut que votre MDPH ait pour politique de prononcer des affectations en CLIS1 (catégorie dont fait partie la CLIS TED). C'est alors l'Inspection d'Académie qui octroiera une place en CLIS1 ou en CLIS TED, selon les places disponibles. D’autres MDPH notifient directement une orientation en CLIS TED

 

Et après la CLIS ?

Après la CLIS, certains rares élèves rejoignent le système ordinaire. Mais l'orientation la plus naturelle semble être l'ULIS : ULIS Collège puis ULIS Lycée. Les débouchés professionnels restent évidemment un vrai challenge. La circulaire du 18 juin 2010 marque des efforts dans ce sens : mise en place d'un livret personnalisé de compétences, volonté de créer des ULIS dans des lycées professionnels. Beaucoup de choses restent néanmoins à faire.

Pour aller plus loin

DVD : Moments pédagogiques en CLIS

Site Scolarité Partenariat

Rapport sur les CLIS – Inspection Générale de l’Education Nationale – septembre 2011

 
 
2 Les IME / IMP / IMPro
 
2.1 Les IME
D'un point de vue institutionnel, Les IME sont des établissements médico-éducatifs qui accueillent les enfants et adolescents atteints de déficience intellectuelle. Ils sont régis par lannexe XXIV au décret n° 89-798 du 27 octobre 1989 et la circulaire n° 89-17 du 30 octobre 1989
.
 
 
 
Les IME regroupent les anciens IMP et IMPro. Ils ont souvent été au départ des fondations caritatives, généralement à l’initiative de familles bourgeoises touchées par le handicap mental.
 
Même s’ils sont désormais à financement quasi exclusivement public, après agrément par les Agences Régionales de Santé, la grande majorité des IME restent à gestion associative.
 
Ils sont différenciés par degrés de gravité de la déficience du public accueilli. La plupart disposent d’un internat, mais l’accueil en demi-pension est de plus en plus souvent pratiqué.
 
Les IME représentent bien souvent le dernier recours des familles ayant un enfant autiste lourdement atteint, en particulier avec déficience intellectuelle associée.
 
 
 
2.2 Les IMP
 
Les 'Instituts Médico-Pédagogiques (IMP)'se noment désormais "SEES" Section d' Education et d'Enseignement Spécialisé, sont des centres de soins  et éducation  spéciaux  qui accueillent des enfants et adolescents handicapés  de 3 à 14 ans, présentant une déficience à prédominance intellectuelle liée à des troubles neuropsychiatrique (troubles de la personnalité, moteurs et sensoriels, de la communication, ). Ils accueillent aussi des enfants et adolescents handicapés tel que des autistes.
 
 
Une éducation spéciale est dispensée en tenant compte des aspects psychologiques, psychopathologiques et  le cas échéant, des techniques de rééducation : orthophonie, psychomotricité, kinésithérapie. 
 
 
Un I.M.P. a pour mission :
 
      l'éducation générale et pratique adaptée aux possibilités intellectuelles de chacun.
 
une formation gestuelle pour développer l'habileté manuelle
 
      une scolarité élémentaire selon les aptitudes de chacun.
 
 
 
L'enfant peut être accueilli en IMP partir de 6 ans. Cependant, un I.M.P. peut obtenir un agrément de la Préfecture pour accueillir des enfants dès l'âge de 3 ans.
 
 
 
Les handicaps concernés :
 
Selon l'agrément, les I.M.P. accueillent les enfants atteints de déficience Mentale avec ou sans troubles associés, certains accueillent des enfants associant une déficience mentale grave à une déficience motrice importante.
 
La C.D.A.P.H. décide de l'orientation en IMP de l'enfant
 
Les parents peuvent indiquer à quel I.M.P ils souhaitent confier leur enfant dans la mesure des places disponibles, souvent trop peu importantes.
 

Les frais liés à ce type de prise en charge est gérée par la sécurité sociale.
 
 
 
2.3 Les IMPRO
 
Leur mission est :
 
- une éducation générale et la formation professionnelle en fonction du handicap
 
- des connaissances tendant à l'acquisition maximale des éléments d'autonomie, au développement des attitudes et au savoir faire professionnel.
 
 
 
Les adolescents peuvent être accueillis dans les IMPro jusqu'à 14 ans, et l'âge limite est fixé à 20 ans, même si les jeunes adultes handicapés peuvent être maintenus dans ce type d'établissement, désignés par la CDAPH.
 
 
 
Les handicaps acceptés par les IMPro
 
Selon l'agrément, l'IMPRO accueille des adolescents atteints d'une déficience mentale qui peut être associée à une déficience motrice. C'est la CDAPH qui décide de l'orientation de l'adolescent, et la sécurité sociale prend en charge l'ensemble des frais liés à ces prises en charge de type médico éducative, y compris les repas et les transport, dans le cadre d'un prix de journée.
 
 
 
Dans les faits
 
Malheureusement, les IME et IMP ne bénéficient souvent pas des moyens humains et financiers nécessaires pour bien fonctionner. Les personnels ne sont pas formés à tous les types de handicap qu'ils peuvent rencontrer, ni au fait que des enfants et adolescents avec divers handicaps et divers degrés de handicap peuvent se trouver au même endroit.
 
 
 
Ces structures souffrent d'un manque cruel de personnel, et beaucoup de parents refusent de laisser leurs enfants dans ces structures, qui pourtant, pourraient être la solution de beaucoup de parents, lorsque leur enfant, déjà handicapés, ne rentrent dans "aucune case", qu'il n'ont pas la capacité de suivre une scolarité ordinaire, qu'il n'y a pas de place en IME, IMP. Les familles se retrouvent alors avec des enfants sans suivi, sans prises en charge.
 
 
Il est à regretter aussi que au sein de ces structures, l'apprentissage scolaire n'ait pas une plus grande part. En effet, sans certaines bases, l'autonomie sera encore plus difficile à acquérir
 
 
 
Ces structures souffrent d'un manque criant de QUALIFIE et de places, et là où certains enseignants référents ou certaines écoles souhaitent y envoyer des enfants qui seraient tout à fait capables de suivre une scolarité adapté, d'autres parents ne trouvent pas, à leur grand désespoir, de place au sein de ces structures
 
 
L'apprentissage professionnel : les IMPRO qui accueillent les personnes en situation de déficit intellectuels, de 14 à 20 ans,dans un but d'apprentissages professionnels ou pré-professionnels. Ces établissements sont le plus souvent dotés d’un internat.
 
 
Avec des professionnels soigneusement recrutés, cela pourrait être une solution pour les parents (et les jeunes adultes autistes ou TED) leur permettant d'accéder à l'autonomie.
 
 
 
3 Les SESSAD (Service d'éducation spécialisée et de soins à domicile)
 
Un SESSAD est un établissement médico-social qui a pour vocation la prise en charge d’un enfant scolarisé en milieu ordinaire (classe ordinaire mais aussi CLIS ou ULIS), contrairement à un IME. Il s’agit donc en général de profils d’enfants moins lourdement atteints.
 
Il s’agit de regrouper les thérapies à l’endroit où se trouve l’enfant, donc souvent à l’école. Un SESSAD adapté à l’enfant TED permettrait par exemple de suivre des cours, voir un orthophoniste et faire des ateliers d’habilités sociales sans l’obligation pour les parents de conduire l’enfant à droite et à gauche.
 
Ce sont les parents qui peuvent demander une affectation SESSAD à la MDPH, mais la MDPH peut aussi orienter l'enfant directement en SESSAD.
 
Il est indispensable de veiller à ce que :
 
- le sessad soit spécialisé dans la prise en charge de ce type de troubles ;
 
- le sessad ait des intervenants qui se déplacent sur l'école (ce qui est théoriquement prévu mais pas toujours appliqué)
 
- l'école soit d'accord pour accueillir les intervenants (ce qui est loin d'être gagné souvent).
Lorsque le Sessad n'est pas en mesure d'offrir les soins orthophoniques, les parents puissent avoir une solution de repli sur le libéral. Attention, certains SESSAD refusent qu'un enfant soient suivi en libéral.


4 Les ITEP (Institut Thérapeutique, Educatif et Pédagogique)

Les ITEP sont des établissements médico-éducatifs qui ont pour vocation d’accueillir des "enfants ou des adolescents présentant des troubles du comportement importants, sans pathologie psychotique ni déficience intellectuelle."

Ce sont les anciens Instituts de Rééducation (IR), ou Instituts de Rééducation Psychothérapeutique (IRP).

On constate dans les faits qu'un certain nombre d'enfants autistes sont orientés en ITEP un peu partout en France, probablement en raison du flou qui entoure la définition du public concerné. Un enfant autiste présentant souvent des "
troubles du comportement importants", on peut croire a priori que l'ITEP peut être une solution.

Or il vaut mieux au contraire éviter en général l'orientation en ITEP pour les enfants autistes. En effet la circulaire interministérielle DGAS/DGS/SD3C/SD6C no 2007-194 du 14 mai 2007 précise le profil du public devant être accueilli ou non en ITEP. On retiendra en particulier la phrase déterminante suivante (section I alinéa 1): "Il convient de remarquer que d’une façon générale, les ITEP ne sont pas adaptés à l’accueil d’enfants et adolescents autistes ou présentant des troubles psychotiques prédominants, ou des déficiences intellectuelles importantes, qui requièrent d’autres modes d’éducation et de soins, et qui pourraient souffrir de la confrontation avec des jeunes accueillis en ITEP."

Certains ITEP peuvent constituer des exceptions en raison d'un projet d'établissement ou d'une formation spécifique de leur équipe, mais il vaut mieux rester très prudent et juger sur pièces. Cette circulaire permet au final à toute famille refusant un placement en ITEP pour son enfant de justifier son choix auprès de la MDPH.


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